Leila allait tous les jours dans le quartier de la ville nouvelle où son père avait un magasin. Elle y allait dès la sortie de l’école afin de lui apporter son repas de midi. Elle passait du quartier occidental au quartier musulman, d’un monde où tout était nettoyé à un monde où les immondices s’accumulaient. Et ceci peu de temps après le typhus qui toucha Oran en 1941, sans soute amenée par un soldat … Car les arabes n’étaient payés que pour balayer les quartiers possédant une école. Dans les quartiers pauvres, les habitants étaient ceux qui passaient leur temps au service de « monsieur » ou de « madame ». La serpillière devait être passée à genoux, cela était exigé et clairement établi par le primitivisme. Dressage « des animaux oblige ». Combien de femmes passaient donc leur vie ainsi à genoux au service de la propreté des autres pour gagner à peine le nécessaire pour se nourrir ? Elles ramassaient sur les marchés des légumes abandonnés par les commerçants pour que leur famille puisse se satisfaire. Mais de crises en humiliations, de frustrations en rejets, elles apercevaient de jolies choses dans les vitrines, hors de leur portée comme la sérénité. Ce n’était pas important, tant que le sang battait encore dans les tempes ... En plaçant juste un voile au-dessus de ses vêtements usagés, une tête baissée sur des conquêtes impossibles, l’acceptation faisait l’affaire de tous. Des parents usés, fatigués ; des enfants grands ou petits, déjà abandonnés délestés de ce qu’aurait pu être leur vie, devant se contenter de vieilles choses. La main-d’œuvre algérienne était acquise à si bon tarif pour le maximum d’efforts, qu’il y avait même une expression : « faire suer le burnous » … Et on le faisait suer à l’en faire crever !
Avoir une chose, une belle chose pour une fois … Etre tenté de passer outre l’interdiction de vivre et d’être heureux, et posséder une chose de droit naturel parce qu’on l’a vu et qu’on l’apprécie. Comment acquérir cette chose chaque jour plus belle, plus attrayante ? Jamais les moyens de la posséder n’étaient à leur portée !
… Lorsqu’elle arrivait au magasin de son père avec son déjeuner, il l’accueillait avec un large sourire. Il la remerciait et la présentait aux clients présents. Il connaissait le trajet qui séparait la maison du magasin, distance qu’elle parcourait depuis l’âge de cinq ans dans les rues traversées par de rares voitures, calèches et charriots. Les jours de liberté scolaire et pendant les vacances, les gens arpentaient les chemins qui menaient au sommet de la montagne de santa Cruz. Les uns se dirigeaient vers le monument dédié au marabout sidi Abdel Kader, les autres vers la forteresse en ruine. Chacun pour y espérer pacifier ses ennemis dans la vie. En vis-à-vis de la forteresse se trouvait une chapelle surmontée par une statue demeurée en bon état d’une vierge mère semblant admirer la ville. Tous les ans, une vierge « pied-noir » vêtue comme la statue était accompagnée par la foule jusqu’à la chapelle après avoir traversé Oran. C’était une fête spéciale, très religieuse. Badra y emmenait ses enfants en pique-nique les jours de repos des écoles et durant les vacances. La mère aimait beaucoup se retrouver dans la paix qui régnait auprès du monument du marabout, et l’on y mangeait les figues gorgées de sucre cueillies dans les figuiers qui étaient plantés là. Ensuite, les enfants allaient à la recherche de nouveaux endroits pour observer les manèges curieux des adultes. En grimpant à pieds la façade de la montagne, chacun essayait de dépasser l’autre dans l’escalade, de créer de la distance vis-à-vis des autres en respirant vivement l’air pur. Les douces senteurs des sapins poussés le long des pentes embaumaient la montagne. La nature généreuse donnait tout ce qu’elle avait à ses hôtes. Partout elle était belle et bonne. On se demandait pourquoi durant leur vie, les hommes ne la prenaient pas comme exemple ?
« Maman, j’ai mal aux pieds ! » disait Mô âgé de trois ans. Comme à son habitude, il voulait se faire aider de sa mère qui le prenait de temps en temps dans ses bras. Attendrie, elle lui répondait immanquablement :
« Viens dans mes bras Mô, je vais te prendre durant quelques mètres … Ca te reposera les pieds. » et avec un sourire radieux Mô courait vers elle.
Fad progressait de plus en plus vite dans la montagne, elle faillit trébucher plusieurs fois, mais se rattrapa à chaque fois aux pieds de solides arbustes sauvages. Ces plantes étaient robustes ! Et ses bras s’écorchaient sur les ronces sans que cela la ralentisse tandis que Leïla restait à la traine. Comme ils aimaient ces lieux d’où ils dominaient les hauteurs.
« Les enfants, faites attention à ne pas tomber et faites attention aux ronces ! » Leur criait souvent leur mère.
Et c’était ainsi que se déroulaient toutes les équipées pour Sidi Abdelkader. Entre l’école et les maltraitances, la montagne et les plages, la forêt étendue sur la montagne, étaient de douces consolatrices.
Un jour d’automne en revenant des courses, des aboiements provenant d’un terrain vague attirèrent l’attention de Leïla. Ils étaient lancés par un chiot berger, croisé chien et loup qui était attaché par une corde passée autour de son cou. Une autre lui était liée et était attachée à un piquet fixé au sol. Il y avait une pluie fine qui pénétrait entre ses poils. Bien sûr, le terrain vague où des ouvriers s’affairaient à construire un immeuble était vaste, mais le jeune chien jappait fort. Ils ne tenaient cependant aucun compte des cris de l’animal. Leïla se dirigea vers eux :
« Pourquoi votre chien aboie t-il ? » demanda t-elle. L’un des ouvriers se dirigea vers elle, la toisa de sa haute taille ; il la considéra durant un long moment avant de lui répondre :
« Il est lunatique, et finalement on ne sait pas ce qu’il a … As-tu une idée toi ? »
Elle le considéra, méfiante :
« Peut-être qu’il est dérangé par la pluie … A-t-il un abri ? » Lui demanda-t-elle.
« Non, il n’y a rien de prévu ; il dort là. Mais nous lui donnons à manger les restes de nos sandwich et à boire. Il est là pour garder le chantier, et nous n’en sommes qu’au début. Mais il y aura réellement quelque chose à garder quand il sera grand ; il faut qu’il s’habitue !»
Il semblait parler pour lui-même, pour se rassurer de la validité de l’encordement de l’animal. Elle le regarda toujours méfiante.
« Il semble avoir froid. N’a-t-il vraiment aucun abri ? Il est mignon ! » Dit-elle en regardant le chien. Elle posa sur lui un regard étrange empli d’amitié. Elle s’inquiétait de son sort et dit d’un coup :
« Vous ne voulez pas me le donner ? Je m’en occuperai bien vous savez ? Le pauvre aura un toit. » ajouta-t-elle.
« « Je t’ai bien dit qu’on en avait besoin pour garder le chantier ! » fit l’ouvrier. Se dressant de toute sa hauteur, Leïla déclara :
« Si vous en avez besoin, vous devriez prendre un peu plus soin de lui, sinon il va mourir ! »
Confondu et agacé, l’homme lui répondit : « pourquoi te fais-tu du soucis pour cet animal ? »
Leila était outrée : « j’aime les animaux ; ce sont des êtres vivants comme vous et moi ! On ne peut pas passer et voir un tel spectacle sans rien faire ! De toute évidence, cet animal est gelé par la pluie. »
Ses yeux s’étaient plissés sous l’emprise de sa révolte. L’ouvrier fut l’espace d’un instant médusé de se laisser gronder par une enfant, puis il déclara :
« Ce n’est pas mon chien ! »
« Si ce n’est pas votre chien, dites au moins à qui il appartient. Je suis prête à l’adopter … S’il vous plait ! » Rajouta-t-elle.
« D’accord, je vais lui demander ! Tu passes souvent par ici petite ? »
« Oui ! » dit-elle
« Alors passe dans deux jours ; j’aurai ta réponse ! » affirma-t-il.
Depuis ce moment, la pensée du chien ne la quitta plus. Le chantier en construction était situé tout près de chez elle, et chaque fois qu’elle passait devant, elle ne manquait pas d’aller voir le chien. Elle lui portait des friandises, des caresses, une attention bienveillante, et le chien semblait heureux de la voir. Il était à chaque fois un peu plus heureux. Deux jours plus tard, elle alla au chantier, s’assura que l’ouvrier qui devait lui rendre la réponse était bien là, présent. Et se dirigea vers lui :
« Bonjour monsieur ! » fit-elle, poliment. Il la considéra. Elle rajouta à ce moment : « Est-ce que je peux avoir le chien ? » demanda-t-elle. Il la regarda et lui dit :
« Ah ! Tu es la gamine qui m’a demandé de lui donner un chien qui n’est pas à moi. Je n’ai pas vu la personne à laquelle il appartient ! »
Il paraissait gêné en lui disant cela. Leila regarda le chien, peinée de ne pouvoir l’emmener comme elle l’avait rêvé plusieurs fois durant ces deux jours. L’animal lui semblait de plus en plus malheureux. Il était couché sur le ventre à même le sol. Ses pattes étaient en prolongement de son corps ; il regardait la scène en levant les yeux, pensif.
« Vous m’avez menti ! Vous m’avez dit dans deux jours ! Si vous n’étiez pas sûr d’avoir une réponse aujourd’hui, pourquoi m’avoir fait une promesse ? » Requit-t-elle. Son interlocuteur était franchement gêné :
« L’architecte passe de temps en temps ! Lorsque je le verrai, je lui demanderai s’il veut bien te donner son chien. » Réprimant sa déception, Leila dit :
« Vous me promettez que vous prendrez bien soin de lui ? Regardez comme il est malheureux ! Il respire fort, vous voyez ? … Est-ce que je peux lui apporter un abri ? Je vous promets qu’il ne prendra pas beaucoup de place … »
Elle le salua. C’était un colon ... A chaque fois il lui avait parlé avec légèreté, un brin incorrect envers la fillette. Cet ouvrier semblait être le chef du chantier. Les autres ouvriers, tous algériens, travaillaient tels des robots. Ils travaillaient, travaillaient dressés à ne jamais lever la tête pour ne pas attirer les suspiscions. Un gros avion serait en train de leur tomber dessus, qu’ils ne s’en apercevraient même pas, pensa Leila. La fillette quitta les hommes en regardant les pavés de la route et rejoignit son domicile.
Leila avait demandé l’autorisation d’avoir un chien à ses parents, et toute la famille était au courant de l’arrivée du chien. Badra ne fut pas étonnée de voir sa fille arriver sans l’animal. Et Kad et Mo se moquèrent d’elle :
«Tu entends le chien de Leila ? Wouah, wouah ! Il aboie fort, mais il est invisible ! » Dit Mô, moqueur.
« C’est parce qu’il préfère ne pas la voir qu’il s’est rendu invisible. » avait surenchéri Fad, cruelle.
« Non, il est devenu invisible devant la porte, mais il m’a délégué son double invisible pour faire un rapport sur la famille. Dick devra ensuite juger si nous lui convenons comme famille ! » lança Leila.
Tout le monde avait opté pour Dick comme nom pour le chiot. Kad lui avait compté les aventures du chien dressé qui s’appelait Dick. Ce chien était un héro pour la famille. Il faisait les courses, ramenait la monnaie, allait avec sa gamelle au restaurant chercher des restes … Il s’était même illustré avec Kad lors d’une bagarre de commerçants.
Dans la rue où se trouvait le magasin de Kad se trouvait un autre magasin qui appartenait à un autre Kad. Les deux Kad tenaient le même genre de commerce et se livraient concurrence. Le magasin du deuxième Kad, Kader pour le distinguer, était situé plus haut dans la rue à gauche. Ce dernier aimait beaucoup son chien, et lorsqu’il eut une carie, il lui paya une couronne en or. Et ça ne plaisait pas qu’on puisse étaler son amour pour son chien quand les hommes vivaient si mal …
Lorsqu’un quidam déplaisait à Kader, il stimulait son chien pour qu’il aboye ; il emmenait son chien partout ! A la plage, au mariage, à toutes ses escapades ; c’était son meilleur complice. Un jour, dans le magasin du père de Leila, un groupe de client discutèrent de Kader et de son chien. Un de ces hommes les avait vus au bord d’une plage réservée aux humains. Il avait mis autour du cou de son chien un foulard assorti à son maillot. Il n’en fallut pas plus pour répandre le rire dans tout le magasin. Mais Kader eut vent de cet après-midi là et alla exiger des excuses au père de Leila. Ce dernier s’esclaffa et dit à son visiteur d’aller se faire mettre des couronnes d’or aux molaires aussi pour s’assortir davantage à son chien ! Il est vrai que Kader avait, à l’instar de son chien, deux rangées de dents pavées d’or dont il prenait visiblement grand soin ... Kader à la bouche en or se vexa et lança :
« Si tu es un homme, demain nous nous battrons ! »
Le père de Leila avait passé du bon temps à rigoler, et était sûr de sa force d’ancien boxeur. Il dit :
« Je ne veux pas me battre avec toi mon cousin ! Nous n’avons pas de temps à perdre avec ces gamineries ! Tu sais les gars et moi nous avons juste trouvé drôle ton chien avec sa dent en or » …
« Tu te dégonfles ! Mais tu t’es moqué de moi ! Demain, on verra de qui tout le quartier se moquera ! Exactement à mi-chemin entre ton magasin et le mien, nous nous battrons. Toi contre moi, et nos deux chiens entre eux, et tu verras de quoi mon chien est capable !…. Si tu ne viens pas, tu passes pour un lâche dans tout le quartier, et cela ne m’empêchera pas de venir ensuite te battre dans ton magasin ! Et tu verras de quel bois je me chauffe ! » Dit l’homme à la bouche en or. Il avait à ce moment les yeux grands écarquillés de colère et injectés de sang. Il vint invectiver Kad tout près. Ce dernier l’écarta d’un regard et lui dit :
« A demain alors, puisque tu ne veux rien entendre. »
Le lendemain matin après une nuit fraîche, le ciel dégagé de nuages laissait le soleil briller librement sur la terre. Kader et son chien arrivèrent assortis d’une écharpe de même couleur. Ils descendirent la rue vers le magasin de l’ennemi. Le père de Leila menant Dick, remontait la même rue.
Les deux hommes étaient décidés à se battre, tous deux pour ne pas être ridiculisés, ne pas être vaincus, sauver leur amour-propre. La rue où étaient érigés les magasins n’était pas large, sans pourtant être étroite. Elle pouvait contenir deux sens de circulation, si l’on ne se garait pas, cela dit les trottoirs étaient étroits. Les deux hommes se rapprochaient ... Distants de trente mètres, ils ne l’étaient que de dix l’instant d’après, dans une démonstration de détermination implacable. Les chiens tiraient sur leur laisse en grognant, suivant les intentions de leurs maîtres. Ils s’emparaient d’une partie de l’animosité qui habitait les hommes. Leurs gueules étaient menaçantes, toutes deux exactement de la même façon. Ils marchaient d’un pas lourd, massif, la tête enfoncée dans les épaules, remuant au rythme des pas. Les hommes, la tête haute, le regard fixe, ne quittaient pas des yeux le chien adversaire. A partir de là, subitement, le chien à la dent en or commença à secouer la tête, après avoir plissé les yeux qui se firent soudain fuyants. Son pas devenait de plus en plus hésitant tandis que Dick continuait à avancer d’un pas sûr. Il était le chef de meute qui voulait protéger son ami et l’autre n’était qu’un prétentieux … D’un seul regard profond, pénétrant, prolongé, les deux animaux s’étaient jaugés ; ils s’étaient départagés sans bataille. Le chien à la gueule couronnée commença à reculer. Son maître qui avait voulu cette bagarre devint blême. Tous les gens qui assistaient au duel riaient. Puis ils éclatèrent de fous rires qui ne s’arrêtaient plus. Il n’était plus question pour Kader à la gueule d’or de se battre. C’était devenu le moment d’aller se cacher … Il lança désemparé, avec une voix un brin lyrique :
« Pourquoi vous moquez-vous de mon chien ? Bande de galeux, misérables ! »
La foule arrêta de rire pour se faire menaçante. Un brouhaha d’insultes couvait une menace. Le père de Leila ne voulait cependant pas de l’humiliation de Kader. Il dit :
« Mes amis, cet homme est fatigué et ne veut pas sérieusement nous insulter. Laissez-le rentrer chez lui afin qu’il puisse se reposer ! »
Kader « la gueule en or » ne regarda plus son adversaire ni la foule. Il tira sur la laisse de son chien apeuré et rentra chez lui. Que de fois ses parents racontaient à leurs enfants les aventures de Dick le magnifique !
… Le chien que voulait la fillette tardait tant à trouver sa place à ses côtés. C’était décidé, il s’appellerait Dick pour toute la famille. Comme sa présence devenait nécessaire pour la fillette ! A aucun moment elle ne cessait de penser à son nouvel ami. Sa robe fauve et grise, son petit corps maigre, et surtout ses grands et bons yeux si tristes qui allaient retrouver la joie et la santé ... Elle allait le voir très souvent, et l’entrainait à répondre au nom que la famille lui avait donné. Leurs relations s’améliorèrent au point que lorsqu’il la voyait de loin, il la reconnaissait, et se juchait sur ses pattes arrière … Mais ses aboiements ressemblaient à des plaintes !
Durant un mois entier, Leila ne cessa d’aller voir son ami Dick. Elle était rassurée de le voir dans la niche improvisée qu’elle lui avait amenée avec l’aide de ses meilleures amies. C’était une grande caisse aménagée pour recevoir un animal, qui trainait abandonnée dans le coin d’une cour. On la lui avait donnée avec plaisir, ses propriétaires en étaient encombrés. Le cœur fidèle et aimant du pauvre animal allait être utilisé pour garder leurs précieux blocs de ciment. N’était-ce pas dérisoire au plus haut point ? Leila l’imaginait, le rêvait … Serait-il libre d’aimer et d’être aimé un jour ? Son cœur se serrait à l’idée d’une telle liberté pour le chiot menacé de ne savoir que souffrir, mordre et aboyer durant toute sa vie …
Un beau jour, en allant comme à son habitude voir si elle avait une réponse, son interlocuteur habituel du chantier lui dit :
« Tu peux prendre le chien, son maître est d’accord ! De toute façon, il serait étonnant que ce cabot devienne un bon chien de garde. Son maître est venu le voir un soir et il a été déçu par son comportement. Au lieu d’aboyer, il avait les yeux tristes, cet abruti ! » Fit-il en riant.
Leila avait un sentiment de renouveau chaque fois qu’une bonne nouvelle lui était annoncée ou qu’une bonne chose lui arrivait. La vision des choses qui l’entourait en était modifiée, les couleurs qui l’entouraient devenaient plus soutenues, plus intenses … Tout avait un contour mieux défini, mais il lui était difficile d’en parler, tellement la joie l’avait saisie !
Dick se révéla affectueux et intelligent. En grandissant, ses qualités s’épanouissaient. Un jour, une bande d’enfants de colons armés de bâtons poursuivaient Mo. Il semblait essoufflé mais paraissait avoir des ailes tellement il courait vite en arrière de la menace. Il courait en appelant à l’aide. Dick l’avait entendu ! Il descendit les deux étages qui le séparaient de la rue, et très vite, il dépassa Mo et mit en fuite les agresseurs après leur avoir arraché leurs bâtons. Ce fut une douce période qu’elle eut le bonheur de partager avec ce chien si aimant qu’il marqua profondément la mémoire de Leïla de l’empreinte de sa bienveillance.
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